Peut-on acheter une licence de taxi sans carte professionnelle ? 

Vous êtes chauffeur VTC et vous envisagez de basculer vers le métier de taxi. L'acquisition d'une licence de taxi reste l'investissement majeur de cette transition, mais peut-on l'acheter avant d'avoir obtenu sa carte professionnelle ? Cette question conditionne toute votre stratégie d'installation et revient systématiquement lors des préparations à l'examen taxi. La réponse administrative est […]

Dernière mise à jour : 13/02/2026
Peut-on acheter une licence de taxi sans carte professionnelle ? 

Vous êtes chauffeur VTC et vous envisagez de basculer vers le métier de taxi. L'acquisition d'une licence de taxi reste l'investissement majeur de cette transition, mais peut-on l'acheter avant d'avoir obtenu sa carte professionnelle ? Cette question conditionne toute votre stratégie d'installation et revient systématiquement lors des préparations à l'examen taxi.

La réponse administrative est sans appel : non, il est impossible d'acheter une autorisation de stationnement (ADS) à titre individuel sans détenir la carte professionnelle taxi en cours de validité. Les préfectures refusent systématiquement de valider un transfert sans ce document. Mais des nuances existent selon votre montage juridique.

Pourquoi la carte professionnelle est-elle obligatoire ?

La règle pour les particuliers

La carte professionnelle taxi constitue le sésame administratif obligatoire pour exploiter une activité de taxi en France. Elle atteste que son titulaire a validé l'examen théorique taxi, l'épreuve pratique de conduite et qu'il satisfait aux conditions de moralité et de santé requises.

Lors d'une procédure de présentation de successeur (achat d'une licence à un autre chauffeur), l'administration exige la carte professionnelle de l'acquéreur pour valider le transfert de propriété. Sans ce document, le dossier est rejeté d'emblée par la préfecture ou la mairie compétente. Cette règle vise à éviter la spéculation sur les licences et à garantir que seuls des professionnels qualifiés exploitent l'activité.

Peut-on contourner cette obligation ?

Non. Certains intermédiaires peu scrupuleux proposent des montages juridiques où vous créez une société qui achète la licence, en vous promettant que vous pourrez conduire ensuite. Cette pratique est risquée : vous ne pourrez pas exploiter la licence légalement sans carte pro, l'investissement sera immobilisé et les préfectures sont vigilantes sur ces montages artificiels.

Les deux types de licences depuis 2014

Quelles licences sont vendables ?

La réglementation a profondément évolué avec la loi Thévenoud du 1er octobre 2014. Il existe désormais deux catégories d'ADS distinctes.

Licences anciennes (délivrées avant le 1er octobre 2014)

Les licences de taxi anciennes sont cessibles, c'est-à-dire vendables entre particuliers. Leur prix est libre et fixé par le marché. L'acquéreur doit obligatoirement détenir sa carte professionnelle taxi pour finaliser le transfert auprès de l'autorité compétente. Les montants varient de 5 000 € en zone rurale à plus de 250 000 € dans certaines métropoles.

Licences nouvelles (délivrées après le 1er octobre 2014)

Ces licences sont gratuites mais incessibles. Elles sont attribuées sur liste d'attente par les mairies ou EPCI. Les délais d'obtention varient fortement selon les communes, pouvant atteindre 10 à 15 ans dans certaines zones tendues. Pour s'inscrire sur liste d'attente, la carte professionnelle reste indispensable.

Peut-on acheter via une société ?

Une personne morale (SARL, SASU, SAS) peut détenir une ou plusieurs licences de taxi. Le gérant n'est pas strictement tenu de posséder personnellement la carte professionnelle s'il n'exploite pas lui-même les véhicules. Toutefois, pour que la société puisse acquérir l'ADS, elle doit prouver qu'elle emploie des chauffeurs titulaires de la carte pro taxi ou présenter un projet d'exploitation concret validé par la préfecture.

Dans les faits, pour un indépendant qui lance sa structure, la carte professionnelle reste indispensable pour crédibiliser le dossier administratif. Les préfectures examinent systématiquement la réalité du projet d'exploitation et refusent les montages vides de substance.

Acheter une licence de chauffeur de taxi

Le compromis de vente sous condition suspensive

Peut-on signer avant d'avoir réussi l'examen ?

Vous pouvez techniquement signer un compromis de vente avec un vendeur avant d'avoir obtenu votre carte professionnelle taxi, à condition d'inclure une clause suspensive explicite. Cette clause précise que la vente ne sera finalisée que si vous réussissez l'examen théorique taxi et obtenez votre carte professionnelle dans un délai déterminé.

En cas d'échec à l'examen vtc-taxi ou de non-obtention de la carte, le compromis est automatiquement annulé et les parties reprennent leur liberté sans indemnité. Cette option présente des risques pour le vendeur, qui peut préférer attendre que vous déteniez votre carte en main avant de s'engager.

Quels risques pour l'acheteur ?

Si vous échouez à l'examen après avoir mobilisé des fonds pour un compromis (frais de notaire, garantie bancaire), vous risquez de perdre ces sommes selon les modalités contractuelles. Il est impératif de faire relire le compromis par un avocat spécialisé en droit des transports avant signature.

La chronologie optimale reste : valider d'abord votre carte professionnelle via la passerelle VTC-taxi si vous êtes déjà chauffeur VTC, puis prospecter les licences disponibles dans votre zone cible. Une fois qualifié, vous négociez en position de force et finalisez rapidement l'acquisition.

Les pièges à éviter

Comment vérifier la validité d'une licence ?

Avant tout engagement, vérifiez que la licence est bien cessible (antérieure au 1er octobre 2014), qu'elle n'est grevée d'aucune dette ni contentieux, que son périmètre d'exploitation correspond à votre projet et que tous les documents administratifs sont à jour. Demandez au vendeur de fournir l'arrêté préfectoral d'attribution, les justificatifs de paiement des redevances annuelles et l'attestation d'absence de contentieux.

Faut-il se faire accompagner ?

L'acquisition d'une licence de taxi représente un investissement majeur.

Faites-vous assister par un avocat spécialisé en droit des transports pour la rédaction de l'acte de vente, un expert-comptable pour le montage financier et rapprochez-vous de la chambre de métiers ou d'un syndicat de taxis local pour connaître les prix de marché réels dans votre zone.

Les banques proposent des prêts professionnels spécifiques pour l'achat de licences, mais exigent systématiquement la carte professionnelle comme condition préalable à l'octroi du crédit. Sans ce document, aucun établissement n'acceptera de financer votre projet.

La stratégie gagnante : carte pro puis licence

Pour répondre définitivement : non, vous ne pouvez pas acheter une licence de taxi à titre personnel sans carte professionnelle. Cette règle administrative s'applique strictement à tous les transferts d'ADS entre particuliers. Les préfectures ne dérogent jamais à cette obligation.

Si vous êtes chauffeur VTC, vous disposez d'un avantage décisif grâce à la passerelle réglementaire. Vous pouvez obtenir votre carte professionnelle taxi en validant uniquement l'UV5, l'UV6 si nécessaire et l'épreuve pratique, sans repasser l'intégralité du CCPCT.

La stratégie optimale consiste à prioriser votre réussite à l'examen théorique taxi, à obtenir votre carte pro, puis à évaluer sereinement le marché local des licences et à sécuriser votre financement. Cette approche garantit une transition légale et sécurisée vers le métier de taxi.