Vous êtes chauffeur VTC et vous envisagez de devenir chauffeur de taxi. Vous n'avez pas besoin de repasser l'intégralité de l'examen taxi. Une passerelle réglementaire vous permet d'accéder à la carte professionnelle taxi en validant uniquement certaines épreuves spécifiques. Cette procédure accélérée représente un gain de temps et d'argent considérable par rapport au parcours classique. […]
Dernière mise à jour : 13/02/2026
Vous êtes chauffeur VTC et vous envisagez de devenir chauffeur de taxi. Vous n'avez pas besoin de repasser l'intégralité de l'examen taxi. Une passerelle réglementaire vous permet d'accéder à la carte professionnelle taxi en validant uniquement certaines épreuves spécifiques. Cette procédure accélérée représente un gain de temps et d'argent considérable par rapport au parcours classique.
Mais cette passerelle VTC-taxi n'est pas automatique. Elle exige des conditions strictes d'éligibilité et impose de maîtriser des compétences nouvelles, notamment en réglementation tarifaire et en usage du taximètre. Détaillons le cadre exact de cette procédure, les épreuves à préparer et la stratégie pour maximiser vos chances de réussite.
Les dates des passerelles VTC-taxi s'ouvrent aux chauffeurs VTC en activité qui souhaitent élargir leur exercice professionnel. Pour y accéder, vous devez remplir deux conditions cumulatives strictement contrôlées par l'administration.
Les 1 500 heures s'entendent en temps de travail effectif, pas en temps de connexion sur une application. Vous devez conserver précieusement tous vos justificatifs : historiques de courses, attestations Uber, Bolt, Heetch ou autres plateformes, déclarations URSSAF, compte de résultat si vous êtes en entreprise individuelle.
Si vous travaillez pour plusieurs plateformes ou en direct avec des clients, consolidez l'ensemble de vos documents pour reconstituer votre volume horaire total. En cas de doute sur la recevabilité de certains justificatifs, rapprochez-vous de la chambre de métiers de votre département avant de déposer votre dossier.
L'UV5 constitue le cœur de la passerelle VTC-Taxi. Cette unité de valeur porte exclusivement sur la réglementation nationale spécifique au métier de taxi. Les candidats doivent maîtriser la tarification réglementée, les obligations d'équipement (taximètre, lumineux, imprimante), les règles de stationnement sur voirie, la procédure de prise en charge et les droits et devoirs du taxi.
L'épreuve se présente sous forme de QCM taxi comportant 20 questions. Le seuil de validation est fixé à 10 réponses correctes minimum. Les questions portent sur des cas pratiques concrets : calcul d'une course avec suppléments, identification des infractions, situations de refus de prise en charge autorisées, application des tarifs selon les zones horaires.
Les erreurs types concernent les suppléments tarifaires (bagages, animal, quatrième passager), les zones de stationnement autorisées et les règles de refus de course. Un entraînement régulier avec des QCM d'entraînement UV5 permet de vérifier votre compréhension et d'identifier vos points faibles.
L'UV6 porte sur la gestion d'entreprise. Si vous avez déjà validé cette unité lors de votre examen VTC, vous en êtes dispensé pour la passerelle taxi. Vérifiez votre attestation de réussite : si l'UV6 y figure, vous n'avez pas à la repasser.
En revanche, si vous n'avez pas validé l'UV6 en VTC (certains départements ne l'exigeaient pas systématiquement avant 2017), vous devrez la passer lors de la passerelle. Cette épreuve comporte 10 questions sur la création d'entreprise, la comptabilité de base, les obligations fiscales et sociales du chauffeur indépendant.
L'épreuve pratique consiste en une mise en situation réelle de conduite avec un examinateur agréé. Le candidat doit démontrer sa maîtrise de la conduite professionnelle, du véhicule équipé (usage du taximètre, du lumineux, de l'imprimante), de l'orientation dans la commune et de la relation client.
L'examinateur évalue également le respect du code de la route, la sécurité des passagers, la qualité de l'accueil et la capacité à gérer une prise en charge complète (activation du taximètre au départ, arrêt à l'arrivée, édition du ticket, encaissement). La durée de l'épreuve varie entre 20 et 40 minutes selon les départements.
Un chauffeur VTC expérimenté peut raisonnablement valider l'UV5 en 2 à 4 mois de préparation ciblée. La durée dépend de votre rythme d'entraînement, de votre connaissance préalable de la réglementation locale et de votre capacité à assimiler rapidement les spécificités du métier de taxi.
Les centres de formation agréés proposent généralement des modules de 20 à 40 heures pour préparer l'UV5. Ces sessions alternent cours théoriques sur la réglementation, exercices de calcul tarifaire et tests d'entraînement taxi corrigés. Certains candidats préfèrent une préparation en autonomie avec des supports en ligne et des QCM taxi gratuits ou payants.
La formation n'est pas obligatoire pour passer l'examen théorique taxi via la passerelle. Vous pouvez vous inscrire directement aux épreuves en candidat libre si vous vous sentez prêt. Toutefois, un accompagnement pédagogique augmente significativement vos chances de réussite, surtout si vous n'avez jamais travaillé avec un taximètre ou si vous ne connaissez pas les règles de tarification.
Pour l'épreuve pratique, il est vivement conseillé de réaliser quelques heures de conduite sur un véhicule taxi équipé, afin de vous familiariser avec le taximètre, le lumineux et les procédures de prise en charge. Certains centres proposent des sessions pratiques de 5 à 10 heures avant l'examen.
L'inscription à l'examen taxi via la passerelle se fait auprès de la chambre de métiers et de l'artisanat (CMA) de votre département. Les sessions sont organisées plusieurs fois par an selon les territoires, généralement tous les deux ou trois mois dans les départements à forte demande.
Vous devez constituer un dossier comprenant votre carte professionnelle VTC en cours de validité, l'attestation des 1 500 heures d'activité, une pièce d'identité, un justificatif de domicile de moins de trois mois, une photo d'identité récente et les droits d'inscription (entre 150 et 300 € selon les départements).
Le coût total de la passerelle varie selon que vous suivez une formation ou que vous vous présentez en candidat libre. Les droits d'inscription à l'examen auprès de la CMA s'élèvent à 150-300 €. Si vous optez pour une formation en centre agréé, comptez 400 à 800 € supplémentaires pour la préparation UV5 et l'épreuve pratique.
Au total, la passerelle vous coûtera entre 500 et 1 200 €, contre 1 500 à 3 000 € pour un parcours complet de formation taxi classique. L'économie est substantielle, sans compter le gain de temps (2 à 4 mois contre 6 à 12 mois pour un candidat sans expérience).

Oui. Une fois votre carte professionnelle taxi obtenue, vous pouvez légalement exercer à la fois comme VTC et comme taxi. Ce double statut vous offre une flexibilité maximale. Vous conservez vos clients VTC réguliers et vos contrats avec les plateformes, tout en bénéficiant du droit de maraude et de stationnement sur les stations taxi.
Le cumul nécessite toutefois de respecter scrupuleusement les règles propres à chaque activité. En mode taxi, vous devez activer le taximètre, arborer le lumineux et respecter les tarifs réglementés. En mode VTC, vous désactivez ces équipements et fonctionnez uniquement sur réservation préalable avec tarif libre.
Les revenus d'un chauffeur de taxi varient fortement selon la zone d'exploitation, le volume horaire et la clientèle. En zone dense (Paris, Lyon, Marseille), un chauffeur qui travaille 45 à 50 heures par semaine peut espérer un chiffre d'affaires mensuel de 4 000 à 7 000 €, charges comprises.
En zone rurale ou périurbaine, les revenus sont plus modestes (2 000 à 3 500 € par mois) mais les charges sont également inférieures (prix de la licence, carburant, entretien). Le statut de taxi offre une régularité de revenus supérieure au VTC grâce aux tarifs réglementés et aux conventionnements avec les administrations, hôpitaux et entreprises.
La passerelle VTC-taxi représente une opportunité exceptionnelle pour les chauffeurs VTC qui souhaitent diversifier leur activité et sécuriser leurs revenus. Les conditions d'accès sont strictes mais accessibles pour un professionnel en activité régulière depuis au moins un an.
La clé de la réussite réside dans une préparation ciblée de l'UV5, qui concentre les difficultés techniques (tarification, réglementation, équipements). Un entraînement régulier avec des QCM taxi réalistes, complété par quelques heures de conduite pratique sur véhicule équipé, suffit généralement à valider l'ensemble des épreuves en moins de six mois.
Une fois votre carte professionnelle taxi en poche, vous pourrez acquérir une licence de taxi ou vous inscrire sur liste d'attente pour une attribution gratuite, selon votre projet et votre budget. Le double statut VTC-taxi ouvre des perspectives professionnelles considérables, en combinant flexibilité et sécurité économique